TCHECOSLOVAQUIE: 20 ANS APRES LA SCISSION

Au 1er janvier 2013, cela fit vingt ans que l’Etat tchécoslovaque cessa d’exister. Le pays fut divisé en deux républiques indépendantes, la Tchéquie et la Slovaquie.  Un parallèle peut être tiré avec la Belgique contemporaine et son avenir espéré par les séparatistes. 

Tout d’abord, un aperçu historique.

Moyen Âge

Au Moyen Âge, il n’exista aucun état tchécoslovaque viable malgré des unions temporaires de Tchèques et de Slovaques au sein d’ensembles plus larges comme par exemple entre 631 et 658 (Royaume du Roi Samo) ou la Grande Moravie du 9ème siècle.  A partir du dixième siècle, deux Etats séparés se dont développés: un Etat tchèque et un Etat slovaque.  Le premier atteignit son apogée au 14ème siècle et fut annexé dans l’Empire des Habsbourgs en 1526.  Les territoires slovaques furent sous autorité hongroise à partir du 10ième siècle.  En 1540, la Hongrie fut partagée en trois parties, dont la Slovaque qui devint également une partie de l’Empire des Habsbourgs.

De la Double Monarchie à l’indépendance

Lorsque cet Empire devint une union personnelle entre l’Autriche et la Hongrie en 1867, la Bohême (Tchéquie) et la Slovaquie furent annexés respectivement à la première et à la seconde entité. Au sein de cette double monarchie naquirent des mouvements nationaux tchèques et slovaques. C’est seulement en 1896 que naquit le concept de la “Tchécoslovaquie”.

Le déclenchement de la Première Guerre Mondiale apporta l’idée que la Tchécoslovaquie devait se séparer de l’Empire austro-hongrois.  Une intense propagande menée par le Slovaque Masaryk et le Tchèque Beneš aux Etats-Unis, a largement contribué à la décision des Alliés de démanteler l’Empire austro-hongrois. Déjà le 26 octobre 1918 – donc encore avant la fin de la guerre (11 novembre 1918) – l’indépendance de la Tchécoslovaquie fut proclamée. Le nouvel Etat n’était constitué que pour 2/3 de Tchécoslovaques.

Le Traité de Munich

Pendant les vingt premières années de son indépendance, la Tchécoslovaquie évolua vers un Etat parlementaire stable avec une économie qui appartint aux dix plus fortes du monde.  Ce fut aussi l’unique pays de l’Europe de l’Est et de l’Europe Centrale qui avait un mode de fonctionnement démocratique.  Dans la région des Sudètes (un territoire à l’ouest de la Tchécoslovaquie) vivait une population germanophone importante (environ ¼ de la population totale de l’Etat).

La partition de la Czéchoslovaquie - de opdeling van Tsjechoslovakije (1938)

La partition de la Czéchoslovaquie – de opdeling van Tsjechoslovakije (1938)

En 1938, la France et le Royaume-Uni sacrifièrent la région des Sudètes sous la pression du régime nazi (conférence de Munich).  Ce fut le commencement de la division de la Tchécoslovaquie : en octobre 1938, la Pologne annexa une partie de la Tchéquie, le mois suivant, ce fut un tiers de la Slovaquie qui fut annexée par la Hongrie.  Sous l’impulsion des Nazis allemands, la Slovaquie déclara son indépendance en mars 1939 : le pays devint un Etat satellite du Troisième Reich.  Aussitôt, l’Allemagne annexa la Tchèquie qui fut rebaptisée « Protectorat Bohême-Moravie ».

De 1948 à 1992 

Après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la Tchécoslovaquie fut restaurée en un Etat unitaire au sein de la sphère d’influence de l’Union Soviétique (1948).  Les tentatives visant à libéraliser le pays (Printemps de Prague) furent tuées dans l’oeuf par l’invasion des Soviétiques.  Le pays fut par la suite transformé en une fédération (1968).

Après l’effondrement du bloc de l’Est, le pays fut à nouveau une démocratie fin 1989.  Avec la fin du communisme, les tensions nationalistes se réveillèrent.  A l’été 1990, une négociation était menée à propos de la structure fédérale de l’Etat.  Le 24 novembre 1990, un accord par lequel les entités fédérées devinrent compétentes pour l’économie fut signé, la Slovaquie ayant son propre ministère des Affaires Etrangères.  En outre, selon cet accord, chaque entité participa séparément à l’intégration européenne.  Le pays se mit peu à peu dans une impasse: à partir du printemps 1991 jusqu’en 1992, on y débattait sans succès les termes d’une nouvelles constitution.

La crise constitutionnelle de 1992

Le début de la fin pour l’Etat tchécoslovaque furent les élections du 5/6 juin 1992 pour les conseils régionaux et le parlement national.

Le vainqueur des élections slovaques, le socialiste Meciar – qui avait remporté l’élection avec plus d’un tiers des voix dans sa région – et son « Mouvement pour une Slovaquie démocratique »  dont le programme exigeait la transformation de la confédération, dans laquelle le gouvernement central n’aurait plus que des compétences au niveau de l’union douanière, la monnaie, la défense et le commerce extérieur.

En République tchèque, c’est le Parti du très libéral Vaclav Klaus (ODS) qui remporta le scrutin avec un programme visant à implémenter des réformes socio-économiques au sein d’une fédération forte. Après les élections, le président tchécoslovaque Vaclav Havel fut rapidement mis hors-jeu et les deux vainqueurs s’engagèrent dans une sorte de “dialogue intercommunautaire”. Meciar était soutenu par les nationalistes slovaques (SNS), les seuls qui à ce moment-là prônaient ouvertement le séparatisme.

En juin 1992, les deux se mettaient d’accord sur un référendum concernant l’avenir du pays. Mais cela se percevait différemment des deux côtés : Klaus et Havel voulaient un référendum sur l’avenir de la Tchécoslovaquie. Meciar voulait d’abord que la Slovaquie puisse déclarer sa souveraineté et ensuite un référendum sur l’organisation d’une possible confédération. Finalement, tout cela n’aboutit pas au référendum pour la simple raison qu’il n’y avait absolument pas de soutien en faveur de la scission. Au cours de l’été 1992, un sondage à grande échelle fut organisé. Il montra que 3% des Tchèques et 16% des Slovaques étaient en faveur d’une confédération. 16% des Tchèques étaient favorables à l’indépendance par rapport à 30% des Slovaques (R. YOUNG, The Breakup of Czechoslovakia, Kingston, 1994, p. 37). En d’autres termes, 2% des Tchécoslovaques étaient en faveur d’une confédération et 20% d’une scission totale.

Déjà le 11 juin 1992 – cinq jours après l’élection et après un seul tour de négociations – Klaus déclarait que la fédération appartenait au passé. Le lendemain Meciar disait qu’il ne voulait pas diviser la Tchécoslovaquie, mais qu’il suggérait simplement une forme de cohabitation qui faciliterait la coexistence des deux communautés. Sa confédération fut rejetée par Klaus. Les réunions de la mi-juin 1992 mirent en évidence le désaccord fondamental. Klaus exigea soit un État fédéral qui fonctionne soit une séparation des biens complète. Meciar resta vague en se cachant derrière des notions telles qu’ «un Etat commun sous la forme d’une confédération» ou une «union de défense et économique». Selon Meciar, il s’agissait alors d’un “Etat slovaque avec de l’argent tchèque” (M. KRAUS, A. STANGER, Irreconilable differences? Explaining Czechoslovakia’s Dissolution, Oxford, 2000, pp 59-60). Après seulement trois tours de négociations, il y avait déjà un consensus entre Klaus et Meciar que les discussions se dirigeraient désormais vers le partage des biens.

La scission 

Le 17 juillet 1992, la Slovaquie déclara unilatéralement sa souveraineté, ce qui entraîna la démission du président tchécoslovaque. Un mois plus tard, les deux vainqueurs des élections parvinrent à un accord sur les modalités de la scission. Au cours d’une conférence de presse à Brno (26 Août 1992) Meciar déclara: «Bien que beaucoup de gens soient attachés sentimentalement à la structure actuelle du pays […] il n’est pas possible de le conserver.” Selon Klaus, après la scission, les deux républiques auraient “de meilleures relations” que par le passé (“Le 1er janvier, la fédération née de l’Empire austro-hongrois aura cessé d’exister – Tchèques et Slovaques divorcent à l’amiable “, Le Soir, 28 août 1992).

En novembre 1992, le Parlement fédéral – où les deux principales communautés détenaient d’ailleurs une minorité de blocage – ratifia deux actes constitutionnels: l’un pour régler la scission et l’autre pour en fixer la date. Le 1er janvier 1993, la fédération fut dissoute, mais il n’y avait aucune fête…

La Tchécoslovaquie n’est pas la Belgique 

Les séparatistes tiennent à souligner les similitudes entre la Belgique et Tchécoslovaquie: la relation entre les Tchèques et les Slovaques (2:1) correspond approximativement à celle entre les soi-disant «Flamands» et «Wallons», la Tchéquie relativement plus riche par rapport à la Slovaquie relativement plus pauvre, la Tchéquie relativement  plus libérale que la plus socialiste Slovaquie… 

Cependant, les différences entre la Belgique et la Tchécoslovaquie sont beaucoup plus importantes:

• Tout d’abord l’existence de la Belgique est beaucoup plus longue que celle de la Tchécoslovaquie (depuis l’Ordre de la Toison d’Or en 1430 et plus encore depuis la Révolution belge de 1830);

• la population belge est beaucoup plus mixte (par exemple Bruxelles et la périphérie);

• La Belgique semble également beaucoup plus résistante que la Tchécoslovaquie, malgré de nombreuses crises politiques – plus récemment en 2007-2011 – la population ne s’est jamais massivement montrée en faveur du séparatisme, malgré les discours séparatistes des différents partis, y compris les partis traditionnels ;

• La dette publique tchécoslovaque était de 20 milliards de BEF. La dette publique belge est € 359 milliards (14,360 milliards de BEF), ce qui représente plus de 700 fois la dette tchécoslovaque;

• Il existe en Belgique, comme en Tchécoslovaquie, une très petite minorité qui est en faveur du séparatisme. Même dans le nord du pays, il y a tout au plus 15% de séparatistes (contre 30% en Slovaquie). Les forces anti-indépendantistes se font de plus en plus régulièrement entendre (voir par exemple les grandes manifestations pro-belges de 2007 et 2011);

• La Belgique n’a juridiquement pas de structure bipolaire, mais connaît une région bilingue de Bruxelles, autour de laquelle s’étend toute une zone de communes de fait bilingues;

• La frontière linguistique belge ne délimite pas strictement les deux régions et est en outre contestée;

• L’économie et la politique belges sont beaucoup plus liées que ce ne fut le cas pour la Tchécoslovaquie: à partir de 1990, la démocratie tchécoslovaque a survécu à peine trois ans;

• La Slovaquie est beaucoup plus pauvre que la région « wallonne »: aujourd’hui, le chômage slovaque est de 27,3% tandis que dans le sud de la Belgique, le chômage atteint 14,3% ; il n’y a pas eu de «miracle économique» dû à la scission même si les séparatistes continuent de le prétendre;

• La Slovaquie n’est économiquement pas comparable au sud de la Belgique : l’industrialisation du pays n’a commencé que sous l’impulsion de l’Union soviétique dans les années 1970 (140 ans après la Belgique). C’est à ce moment-là qu’une industrie de l’armement a été construite en Slovaquie. La Tchécoslovaquie pouvait acheter des matières premières à des prix compétitifs dans les pays du COMECON (la contrepartie de la CEE). Cette possibilité a été brusquement interrompue après 1989, le chiffre d’affaires du secteur militaire dans la période de 1989 à 1991 ayant diminué de 90% à cause de la fin de la guerre froide. La Belgique n’avait jamais connu un tel changement dramatique et rapide de l’économie dans une partie du pays;

• la Tchécoslovaquie n’était pas membre de l’U.E., la Belgique en est l’une des membres fondateurs;

• L’éclatement de l’Etat tchécoslovaque s’est déroulée dans un climat de ressentiment contre le pouvoir central en Europe de l’Est dans le contexte de l’effondrement du communisme, comme en Yougoslavie ou l’Union soviétique;

– Enfin, l’éclatement de la Tchécoslovaquie fut une exigence de la partie est, la plus pauvre du pays, et non de la plus riche République tchèque tandis qu’en Belgique, les séparatistes, viennent principalement de la partie nord du pays, plus riche. 

Cependant, il faut souligner une remarquable similitude politico-stratégique entre la Tchécoslovaquie et la Belgique: l’exemple tchécoslovaque démontre qu’une classe politique peut diviser un pays sans majorité séparatiste, ni même une minorité importante. Hier en Tchécoslovaquie et aujourd’hui en Belgique, les nationalistes utilisaient des termes vagues comme «confédération» et «union» renouvelée sans dévoiler leurs véritables intentions séparatistes. 

Heureusement, la Belgique n’est pas la Tchécoslovaquie. Remarquons en passant qu’une scission «pacifique»  constitue l’exception à la règle. Regardez l’ex-Yougoslavie et la guerre civile atroce qui se déroula entre les groupes ethniques dans le pays divisé dans les années ‘90.

 

TSJECHOSLOVAKIJE: 20 JAAR NA DE SPLITSING

Op 1 januari 2013 was het twintig jaar geleden dat de Tsjechoslovaakse staat ophield te bestaan. Het land werd gesplitst in twee onafhankelijke republieken, Tsjechië en Slovakije. Een parallel kan met het hedendaagse België en zijn door de separatisten verhoopte toekomst getrokken worden.

Eerst volgt een geschiedkundig overzicht.

Middeleeuwen

In de middeleeuwen ontstond geen duurzame Tsjechoslovaakse staat, ondanks tijdelijke unies van Tsjechen en Slovaken binnen grotere gehelen, zo bijv. tussen 631 en 658 (Rijk van Koning Samo) of het Groot-Moravië van de 9de eeuw. Vanaf de tiende eeuw ontwikkelden zich twee aparte staten: een Tsjechische en een Slovaakse. De eerste bereikte in de 14de eeuw zijn hoogtepunt en werd in 1526 ingelijfd bij het Habsburgse Rijk. De Slovaakse landen kwamen vanaf de 10de eeuw onder Hongaars gezag. In 1540 werd Hongarije in drie delen opgedeeld, waarbij ook Slovakije deel ging uitmaken van het Habsburgse Rijk.

Van de Dubbelmonarchie tot de onafhankelijkheid

Toen dat Rijk in 1867 een personele unie tussen Oostenrijk en Hongarije werd, gingen Bohemen (Tsjechië) en Slovakije tot resp. van het eerste en het tweede land deel uitmaken. Binnen de Dubbelmonarchie ontstonden er Tsjechische en Slovaakse nationale bewegingen.Pas in 1896 werd het concept “Tsjechoslovakije” geboren.

Het uitbreken van de Eerste Wereldoorlog zette het idee dat Tsjechoslovakije zich moest afsplitsten van Oostenrijk-Hongarije kracht bij. De intensieve propaganda door de Slovaak Masaryk en de Tsjech Beneš, met name in de Verenigde Staten, droegen in niet geringe mate bij tot het feit dat de geallieerden beslisten om Oostenrijk-Hongarije te vernietigen. Reeds op 26 oktober 1918 – dus nog vóór het einde van de oorlog (11 november 1918) – werd de onafhankelijkheid van Tsjechoslovakije uitgeroepen. De nieuwe staat bestond slechts voor 2/3de uit Tsjechoslovaken.

Het verdrag van München

Tijdens de eerste twintig jaar van zijn onafhankelijkheid groeide Tsjechoslovakije uit tot een stabiele parlementaire staat, met een economie die tot de sterkste tien van de wereld behoorde. Het was ook het enige land in Oost- en Centraal-Europa dat een democratische staatsvorm behield. In het Sudetenland echter (het gebied in het westen van Tsjechoslovakije) woonde een belangrijke Duitstalige bevolkingsgroep (ongeveer 1/4de van het totale aantal inwoners van de staat).

In 1938 offerden Frankrijk en het Verenigd Koninkrijk onder druk van het nazi-regime het Sudetenland op (conferentie van München). Het was het begin van de opdeling van Tsjechoslovakije: in oktober 1938 annexeerde Polen een deel van Tsjechië, de maand erop werd 1/3de van Slovakije door Hongarije geannexeerd. Onder impuls van nazi-Duitsland riep Slovakije in maart 1939 zijn onafhankelijkheid uit: het land werd een satellietstaat van het Derde Rijk. Daarop annexeerde Duitsland onmiddellijk Tsjechië dat omgedoopt werd tot het “protectoraat Bohemen-Moravië”.

Van 1948 tot 1992

Les troupes de l'URSS à Prague - de troepen van de USSR in Praag (1968)

Les troupes de l’URSS à Prague – de troepen van de USSR in Praag (1968)

Na het einde van de Tweede Wereldoorlog, werd Tsjechoslovakije hersteld als een unitair land binnen de invloedssffeer van de Sovjet-Unie (1948). Pogingen tot liberalisering van het land (Praagse Lente) werden door de inval van de Sovjets in 1968 in de kiem gesmoord. Nadien werd het land omgevormd tot een federatie.

Bij de instorting van het Oostblok werd het land eind 1989 opnieuw een democratie. Na het einde van het communistische bewind, staken nationalistische spanningen algauw de kop op. In de zomer van 1990 werd er onderhandeld over de federale staatsstructuur van het land. Op 24 november 1990 werd een akkoord ondertekend waardoor de deelstaten bevoegd werden voor economie, Slovakije een eigen ministerie van Buitenlandse Zaken kreeg. Bovendien zouden Tsjechië en Slovakije, krachtens dit akkoord, als afzonderlijke entiteiten naar een Europese integratie streven. Het land raakte stilaan in een impasse: vanaf de lente van 1991 tot 1992 werd er vruchteloos over een nieuwe grondwet gedebatteerd.

De constitutionele crisis van 1992

Het begin van het einde voor de Tsjechoslovaakse staat waren de verkiezingen van 5/6 juni 1992 voor de regionale raden en voor het nationale parlement. De Slovaakse winnaar van de verkiezingen, de socialist Meciar – die meer dan een derde van de stemmen in zijn regio haalde – was met zijn “Beweging Voor een democratisch Slovakije” naar de verkiezingen getrokken met de eis tot omvorming van de confederatie, waarbij de centrale overheid enkel nog bevoegd zou blijven voor de douane-unie, de munt, defensie en buitenlandse handel. In Tsjechië won de zeer liberale partij van Vaclav Klaus (ODS) die ingezet had op sociaal-economische hervormingen binnen een sterke federatie. Na de verkiezingen werd de Tsjechoslovaakse president Vaclav Havel vrij snel buitenspel gezet en vatten de twee winnaars een soort “intercommunautaire dialoog” aan. Meciar werd daarbij gesteund door de Slovaakse nationalisten (SNS), de enigen die op dat moment openlijk voor separatisme pleitten.

In juni 1992 raakten de twee het eens over een referendum over de toekomst van het land. Maar dit werd aan beide zijden anders ingevuld: Klaus en Havel wilden een referendum over de toekomst van Tsjechoslovakije. Meciar wou eerst dat Slovakije zijn soevereiniteit uitriep om dan een referendum over een eventuele confederatie te organiseren. Uiteindelijk kwam het niet tot een referendum. De reden daarvoor is duidelijk: er was volkomen geen steun voor de splitsing. Tijdens de zomer van 1992 werd een grootschalige peiling georganiseerd. Daaruit bleek dat 3% van de Tsjechen en 16% van de Slovaken voorstander waren van een confederatie. 16% van de Tsjechen was voorstander van onafhankelijkheid t.o.v. 30% van de Slovaken (R. YOUNG, The Breakup of Czechoslovakia, Kingston, 1994, p. 37). Anders gezegd, 2% van de Tsjechoslovaken was voorstander van een confederatie en 20% van een totale splitsing.

Al op 11 juni 1992 – vijf dagen na de verkiezingen en na amper één gespreksronde – had Klaus verklaard dat de federatie tot het verleden behoorde. De dag erna stelde Meciar dat hij Tsjechoslovakije niet wou splitsen, maar dat hij enkel een vorm van samenleven voorstelde die de samenleving voor de beide gemeenschappen zou vergemakkelijken. Zijn confederalisme werd echter afgewezen door Klaus. De vergaderingen medio-juni 1992 legden het fundamentele meningsverschil bloot. Klaus eiste ofwel een functionerende federale staat ofwel een volledige boedelscheiding. Meciar bleef met vage begrippen schermen zoals “een gemeenschappelijke staat in de vorm van een confederatie” of een “defensie- en economische unie”. Volgens Meciar kwam dit neer op het uitbouwen van een “Slovaakse staat met Tsjechisch geld” (M. KRAUS, A. STANGER, Irreconilable differences? Explaining Czechoslovakia’s Dissolution, Oxford, 2000, pp. 59-60). Na amper drie onderhandelingsrondes was er reeds een consensus tussen Meciar en Klaus dat de discussies vanaf dan over de boedelscheiding zouden gaan.

De splitsing

Op 17 juli 1992 riep Slovakije eenzijdig de soevereiniteit uit. Daarop nam de Tsjechoslovaakse president ontslag. Een maand later bereikten de twee winnaars van de verkiezingen een akkoord over de modaliteiten van de splitsing. Tijdens een persconferentie te Brno (26 augustus 1992) verklaarde Meciar: “hoewel vele mensen sentimenteel gehecht zijn aan de huidige staatsstructuur […] is het niet mogelijk om die te behouden”. Volgens Klaus zouden beide republieken na de splitsing “betere betrekkingen” hebben dan voordien (“Le 1er janvier, la fédération née de l’Empire Austro-Hongrois aura cessé d’exister – Tcheques et Slovaques divorcent à l’amiable”, Le Soir, 28 augustus 1992).

In november 1992 ratificeerde het federale parlement – waarin de twee grote gemeenschappen overigens over een blokkeringsminderheid beschikten – twee constitutionele akten: één om de opsplitsing te regelen en één om de datum ervan vast te leggen. Op 1 januari 1993 werd de federatie ontbonden, maar dat ging niet met vieringen gepaard…

Tsjechoslovakije is België niet

Separatisten wijzen graag op de gelijkenissen tussen België en Tsjechoslovakije: de verhouding tussen Tsjechen en Slovaken (2:1) die ongeveer overeenkomt met die tussen de zogenaamde “Vlamingen” en “Walen”, het relatief rijkere Tsjechië tov. het relatief armere Slovakije, het meer liberale Tsjechië tov. het meer sociaal-democratische Slovakije…

Nochtans zijn de verschillen tussen België en Tsjechoslovakije veel belangrijker:

  • allereerst bestaat België veel langer dan Tsjechoslovakije (sinds de Orde van de Gulden Vlies in 1430 en zeker sinds de Belgische revolutie van 1830);
  • de Belgische bevolking veel meer vermengd (bijvoorbeeld Brussel en de rand);
  • België blijkt bovendien veel resistenter dan Tsjechoslovakije: ondanks vele politieke crisissen – de meest recente dateert van 2007-2011 – is de bevolking nooit massaal voor separatisme opgekomen, het separatistische discours van verschillende, zelfs traditionele, partijen ten spijt;
  • De Tsjechoslovaakse staatsschuld bedroeg 20 miljard BEF. De Belgische staatsschuld bedraagt op heden 359 miljoen euro (14.360 miljard BEF), dat is méér dan 700 maal de Tsjechoslovaakse schuld;
  • Er is in België, net als in Tsjechoslovakije, een zeer kleine minderheid die gewonnen is voor het separatisme. Zelfs in het noorden van het land zijn er hoogstens 15% separatisten (t.o.v. 30% in Slovakije). De anti-separatistische krachten laten bovendien geregeld van zich horen (zie o.a. grote pro-Belgische betogingen van 2007 en 2011) ;
  • België heeft de iure geen tweeledige staatsconstructie, maar kent een tweetalig Brussels gewest, waarrond nog een hele zone ligt van (de facto) tweetalige gemeenten;
  • De Belgische taalgrens bakent de twee taalgebieden niet alleen niet strikt af, maar wordt zelfs betwist;
  • De Belgische economie en politiek is veel meer verweven dan de Tsjechoslovaakse: na 1990 overleefde de Tsjechoslovaakse democratie amper drie jaar;
  • Slovakije is veel armer dan het “Waals” gewest: vandaag bedraagt de werkloosheid er 27,3% (in het zuiden van België bedraagt de werkloosheid 14,3%): er is dus geen sprake van een “economisch wonder” door de splitsing, hoewel separatisten dat blijven beweren;
  • Slovakije valt economisch zelfs niet te vergelijken met het zuiden van België: de industrialisering van het land begon pas onder impuls van de Sovjet-Unie in de jaren 1970 (140 jaar na België). Het was in die tijd dat er in Slovakije een wapenindustrie werd opgebouwd. Tsjechoslovakije kon tegen voordelige prijzen grondstoffen kopen in de Comecon (de tegenhanger van de EEG). Die mogelijkheid viel na 1989 abrupt weg, net als de omzet van de militaire sector die in de periode van 1989-1991 met 90% daalde o.w.v. het einde van de Koude Oorlog. België kende nooit zo’n dramatische en snelle economische veranderingen in één landsdeel ;
  • Tsjechoslovakije was geen lid van de E.U., België is een stichtend lid;
  • Het uiteenvallen van de Tsjechoslovaakse staat gebeurde in een klimaat van ressentimenten tegen het centraal gezag in Oost-Europa tegen de achtergrond van het ineenstortende communisme, net als in Joegoslavië of de Sovjet-Unie;
  • Tenslotte was het uiteenvallen van Tsjechoslovakije een eis van het armere oostelijke landsdeel en niet van het rijkere Tsjechië; in België bevinden de separatisten zich in hoofdzaak in het rijkere noorden van België.

Nochtans moeten we wijzen op een opvallend politiek-strategische gelijkenis tussen Tsjechoslovakije en België: het Tsjechoslovaakse voorbeeld toont aan dat een politieke klasse een land kan opsplitsen zonder dat er een meerderheid – of zelfs een significante minderheid – gewonnen is voor het separatisme. Nationalisten schermden gisteren in Tsjechoslovakije en vandaag in België met vage termen als “confederalisme” en een hernieuwde “unie” om hun werkelijke bedoelingen niet kenbaar te maken.

Gelukkig is Tsjechoslovakije België niet. Mogen we er in dat verband ook op wijzen dat “vreedzame” splitsingen de uitzondering op de regel zijn? Kijk maar naar ex-Joegoslavië en de zware burgeroorlog tussen etnische groepen die het opgedeelde land in de jaren ’90 gekend heeft.

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